
Mis à jour le 6 septembre 2026.
L’Ukraine fait l’objet, depuis 2022, d’une attention particulière des institutions financières internationales et des investisseurs étrangers. Le plan de reconstruction est soutenu par la Banque mondiale, la BERD, la BEI et l’Union européenne. Cet article propose un panorama informatif des secteurs économiques ukrainiens, du cadre juridique applicable aux investisseurs étrangers et des principaux risques.
L’économie ukrainienne maintient son activité dans la majorité des régions situées hors zones de conflit actif. Le pays dispose d’une main-d’œuvre qualifiée, d’un secteur des technologies de l’information actif sur les marchés internationaux, d’une agriculture qui place le pays au 4e rang mondial pour les exportations de céréales selon UkraineInvest, et de ressources naturelles diversifiées. Le processus d’intégration européenne, engagé avec le statut de pays candidat obtenu en 2022, alimente un travail de convergence réglementaire en cours.
Les institutions financières internationales (Banque mondiale, BERD, BEI, FMI) soutiennent l’activité économique et la reconstruction par des programmes de prêts et de garanties. Les bailleurs publics européens et nord-américains (Union européenne, agences bilatérales) interviennent également. Ces dispositifs encadrent l’environnement économique mais n’éliminent pas les risques propres à l’investissement en zone de conflit.
Selon le portail du ministère de la Transformation numérique (28 mars 2025), qui reprend le rapport Digital Tiger de l’IT Ukraine Association pour 2023, les exportations informatiques ukrainiennes ont atteint 7,3 milliards de dollars en 2023, soit 5 % du produit intérieur brut et 13,2 % des exportations totales. Le même portail recense plus de 2 150 entreprises informatiques vérifiées et plus de 300 000 professionnels. Les principales prestations exportées concernent le développement logiciel, la cybersécurité et la gestion de projet. Ce secteur reste largement extraverti et continue d’attirer une clientèle internationale.
La reconstruction des infrastructures civiles, énergétiques et résidentielles représente un chantier de long terme, chiffré par l’évaluation conjointe RDNA5 du gouvernement ukrainien, de la Banque mondiale, de la Commission européenne et des Nations unies à près de 588 milliards de dollars sur dix ans, arrêtés au 31 décembre 2025. Les besoins concernent le bâtiment, l’ingénierie civile, la fabrication de matériaux, la logistique et la gestion de projet. Une part significative de ces marchés est financée par des bailleurs internationaux et soumise à leurs règles de passation.
L’Ukraine figure parmi les premiers exportateurs mondiaux de céréales, d’huile de tournesol et de maïs. La loi n° 552-IX du 31 mars 2020, entrée en vigueur le 1er juillet 2021, a ouvert le marché des terres agricoles ; jusqu’au 1er janvier 2024, le point 15 de la section X du Code foncier plafonnait à 100 hectares la surface agricole détenue en propriété par un citoyen ukrainien. Depuis cette date, l’article 130 du Code foncier plafonne cette surface à 10 000 hectares pour un citoyen ukrainien ; pour une personne morale autre qu’une banque, le plafond correspond à la surface totale que peuvent détenir l’ensemble de ses participants, sans excéder 10 000 hectares. Le même article réserve en principe la propriété des terres agricoles aux citoyens ukrainiens, aux personnes morales ukrainiennes dont les seuls participants sont des citoyens ukrainiens, l’État ou les communes, aux communes et à l’État ; les banques et la Banque nationale d’Ukraine peuvent en outre en acquérir la propriété, mais uniquement par voie de réalisation d’un gage, les banques devant les revendre aux enchères foncières dans les deux ans suivant l’acquisition. Il interdit également aux étrangers, aux apatrides et aux personnes morales étrangères d’acquérir des parts, des actions ou la qualité de membre dans les personnes morales propriétaires de terres agricoles, sauf dans le capital social des banques, et prévoit que cet alinéa cesse de produire effet à la condition et à compter du jour de l’approbation par référendum d’une décision en ce sens. Les activités de transformation, de stockage et de logistique restent ouvertes aux investisseurs étrangers selon les régimes de droit commun.
Le marché immobilier ukrainien est segmenté par région et par segment. Kyiv présente une situation contrastée selon les arrondissements. Les zones de l’est et du sud-est sont directement exposées au conflit.
La diversification du mix énergétique ukrainien fait l’objet de programmes soutenus par la BERD et la BEI, notamment dans le solaire, l’éolien et la modernisation des réseaux. Ces programmes peuvent ouvrir des opportunités aux opérateurs et fournisseurs étrangers, dans le cadre des procédures d’appel d’offres applicables.
L’Ukraine dispose d’un cadre juridique général de protection des investissements étrangers, articulé autour de la loi n° 93/96-ВР du 19 mars 1996 sur le régime de l’investissement étranger, des accords bilatéraux de protection des investissements (un BIT lie l’Ukraine et la France), et de l’accès à l’arbitrage du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), que l’article 8 de l’accord France-Ukraine du 3 mai 1994 ouvre à l’investisseur lorsque le différend n’a pas été réglé à l’amiable dans les six mois. La loi n° 93/96-ВР dispose, à son article 9, que les investissements étrangers en Ukraine ne sont pas soumis à nationalisation, la réquisition n’étant admise que pour des mesures de sauvetage en cas de catastrophe naturelle, d’accident, d’épidémie ou d’épizootie. Son article 12 garantit le transfert à l’étranger des bénéfices après paiement des impôts, taxes et autres prélèvements obligatoires, tout en réservant à la Banque nationale d’Ukraine la fixation des modalités de ce transfert.
Principaux dispositifs juridiques applicables
L’investissement en Ukraine s’accompagne de risques significatifs, qui ne doivent pas être sous-estimés. Le risque sécuritaire reste central, en particulier pour les actifs situés dans des zones exposées. Le risque de change (volatilité de la hryvnia) affecte les flux libellés en monnaie locale. Des problématiques de gouvernance et de transparence peuvent exister dans certains secteurs. L’évolution de la réglementation, dans un contexte d’intégration européenne, peut créer une incertitude juridique sur certaines opérations.
La couverture de ces risques relève d’instruments spécifiques : assurance investissement, garanties multilatérales, structuration contractuelle. Les organismes publics français proposent des produits d’accompagnement à l’export et à l’investissement en zone de risque, dont les conditions s’étudient au cas par cas. Bpifrance Assurance Export est l’agence française de crédit à l’exportation et gère depuis janvier 2017 les garanties publiques au nom, pour le compte et sous le contrôle de l’État. L’instrument visé pour une opération d’investissement est l’assurance investissement, qui couvre les risques politiques.
Société à responsabilité limitée, entrepreneur individuel, bureau de représentation : la forme retenue commande la fiscalité, la comptabilité et les obligations qui suivent. Elle se choisit avant la première formalité.
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La législation ukrainienne admet la détention de sociétés par des ressortissants ou des entités étrangers, sous réserve des restrictions sectorielles prévues par les textes ukrainiens.
La France et l’Ukraine sont liées par une convention de non-double imposition qui encadre l’imposition des dividendes, intérêts, redevances et plus-values entre les deux États. L’application dépend de la résidence fiscale des bénéficiaires, de la structuration des flux et de la qualification des revenus.
Bpifrance et Bpifrance Assurance Export proposent des dispositifs de garantie et d’accompagnement pour les PME exportatrices ou investissant à l’étranger. La direction générale du Trésor pilote par ailleurs le Fonds Ukraine, créé par l’accord bilatéral du 7 juin 2024, puis le Fonds Ukraine II, doté de 71 millions d’euros pour 2026 en faveur de la reconstruction des infrastructures critiques ukrainiennes, avec des projets plafonnés à 7 millions d’euros et une durée maximale de 16 mois. Selon la direction générale du Trésor, toutes les entreprises françaises sont éligibles, une attention particulière étant accordée aux PME et aux ETI, et un projet doit obligatoirement répondre à une demande officielle du gouvernement ukrainien et respecter une part française d’au moins 50 %. L’appel à projets 2026 est clos depuis le 9 avril 2026. Le service économique de l’ambassade de France à Kyiv et Business France orientent quant à eux les entreprises françaises sur les opportunités et les contacts locaux.
Le choix de la structuration juridique d’une opération en Ukraine (détention directe par une société française, recours à une holding intermédiaire, partenariat local) dépend des paramètres opérationnels, fiscaux, de gouvernance et de sortie propres à chaque opération.
L’évaluation du risque sécuritaire d’un actif ukrainien repose sur sa localisation, sa nature, son exposition aux infrastructures critiques, et l’évolution de la situation. Les sources publiques disponibles comprennent les bulletins du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, les analyses des organisations internationales et les rapports des cabinets d’analyse de risque spécialisés.
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