
Mis à jour le 6 septembre 2026.
L’Ukraine s’est imposée comme l’un des grands fournisseurs de produits bio de l’Union européenne : en 2024, elle était le 3ᵉ fournisseur de denrées biologiques du marché UE, avec 7,7 % des importations bio européennes. Voici l’état de la filière agri à l’export en 2026.
La progression est nette : selon la Commission européenne (direction générale de l’Agriculture et du développement rural, données Traces), l’Ukraine est passée du 5ᵉ au 3ᵉ rang des fournisseurs de produits biologiques de l’Union européenne, en captant 7,7 % de l’ensemble des importations bio de l’UE. Sur l’année 2024, d’après Organicinfo.ua (Fédération ukrainienne du bio), le pays a exporté 243 000 tonnes de produits bio, dont 203 900 tonnes vers l’Union européenne, soit environ 84 % du total. Près de 93 % des expéditions biologiques ukrainiennes ont été dirigées vers le marché européen au sens large, et la part des pays de l’Union a légèrement reculé en 2024 alors même que les volumes importés par l’UE augmentaient.
Cette place s’appuie sur une base de production encore modeste en proportion. D’après l’institut FiBL (The World of Organic Agriculture 2025), l’Ukraine comptait 471 176 hectares de terres agricoles certifiées biologiques en 2023. Le pays exporte donc une part importante de sa production certifiée, sur un socle de surfaces qui reste réduit à l’échelle nationale.
La filière biologique ukrainienne à l’export est concentrée sur quelques grandes cultures. Selon Organicinfo.ua (2024), les expéditions sont dominées par le soja, le maïs et le blé. L’Ukraine est le premier fournisseur de céréales biologiques de l’Union européenne et se classe 3ᵉ parmi les exportateurs d’oléagineux et de protéagineux bio. Les principaux importateurs européens sont les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Autriche.
Le miel constitue un autre poste notable, à lire toutefois hors du seul périmètre biologique : selon Eurostat, l’Ukraine a fourni à l’Union européenne 45 800 tonnes de miel en 2023, au deuxième rang des pays fournisseurs, soit environ 28 % des importations extra-UE de miel. Ces volumes portent sur le miel toutes catégories confondues, la part du miel certifié biologique n’étant pas isolée par cette source. Les grandes catégories de l’export bio ukrainien se résument ainsi :
L’invasion de 2022 a lourdement pesé sur les volumes bio. D’après FiBL (2025), les exportations biologiques ukrainiennes sont tombées de 261 000 tonnes en 2021 à 198 000 tonnes en 2023, soit une baisse d’environ 24 % en volume, et de 222 millions de dollars (2021) à 141 millions de dollars (2023) en valeur, un recul d’environ 37 %. Le volume repart en 2024 (243 000 tonnes), tandis que la valeur reste au niveau de 2023 (Organicinfo.ua).
La logistique a dû se réinventer. Depuis mai 2022, l’UE, l’Ukraine et la Moldavie ont mis en place les « voies de solidarité » (Solidarity Lanes), des itinéraires alternatifs ferroviaires, routiers et fluviaux, selon la direction générale de la Mobilité et des transports de la Commission européenne. Ces voies ont acheminé environ 40 % des céréales, oléagineux et exportations liées de l’Ukraine en cumul depuis mai 2022, et restent la principale route pour ses importations. En août 2023, après le retrait de la Russie de l’initiative céréalière de la mer Noire, l’Ukraine a lancé un nouveau corridor maritime en mer Noire.
La répartition entre ces routes a évolué. En cumul depuis mai 2022, environ 60 % des exportations ukrainiennes de grains et d’oléagineux ont transité par les ports de la mer Noire et 40 % par les voies de solidarité de l’Union européenne. En juillet 2026, la part des voies de solidarité s’établissait à environ 20 %, contre 80 % par la mer Noire, selon la direction générale de la Mobilité et des transports.
Le régime commercial a changé en 2025. Les mesures commerciales autonomes (ATM), qui accordaient depuis 2022 un accès sans droits ni quotas au marché européen, sont restées en vigueur jusqu’au 5 juin 2025, selon la direction générale du Commerce de la Commission européenne. À compter du 6 juin 2025, les échanges sont revenus aux règles de l’accord d’association ; le règlement d’exécution (UE) 2025/1132 de la Commission du 3 juin 2025 a fixé, au prorata du reste de l’année civile, les volumes des contingents tarifaires de l’accord de libre-échange approfondi et complet (DCFTA) ainsi rétablis pour les produits originaires d’Ukraine.
Un nouveau cadre a ensuite été négocié. Selon la direction générale du Commerce de la Commission européenne, la décision du Conseil du 13 octobre 2025 a porté sur la position à prendre au sein du comité d’association, la Commission et l’Ukraine ont formellement adopté la décision de révision le 14 octobre 2025, et le texte révisé est entré en vigueur le 29 octobre 2025. Il est plus restrictif que les mesures de guerre, avec des quotas maintenus modestes sur les produits sensibles (sucre, volaille, œufs, blé, maïs, miel), mais il offre un cadre permanent, assorti de mécanismes de sauvegarde et d’une conditionnalité d’alignement sur les normes de l’UE. Les volumes exacts de contingents bio par catégorie ne sont pas isolés à ce jour et sont à vérifier directement auprès des textes de la Commission.
Exporter du bio vers l’Union européenne suppose une certification en règle. En vertu du règlement (UE) 2018/848, dont l’article 57, §1, dans sa rédaction issue du règlement (UE) 2020/1693, a fait expirer au 31 décembre 2024 les reconnaissances d’organismes de contrôle délivrées sous le régime d’équivalence du règlement (CE) n° 834/2007, les produits biologiques importés depuis les pays tiers non couverts par un accord commercial ou une reconnaissance d’équivalence, dont l’Ukraine, relèvent depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 du régime de conformité aux règles bio de l’UE. Pour ces pays, l’inspection et la certification sont assurées par des organismes de contrôle reconnus et supervisés par la Commission, et chaque lot doit être accompagné d’un certificat d’inspection électronique (e-COI) émis via le système TRACES, faute de quoi il n’est pas libéré au port d’entrée européen.
Pour un opérateur, cela déplace la logique d’une reconnaissance d’équivalence vers une conformité stricte au standard européen. La liste précise des organismes de contrôle habilités à certifier les exportations bio ukrainiennes sous ce régime est à confirmer au cas par cas auprès des autorités compétentes.
La filière agri à l’export ukrainienne présente des atouts structurels : une position de premier fournisseur de céréales bio de l’UE, une demande européenne établie et une trajectoire de reprise des volumes sur 2024. À l’échelle de l’ensemble du secteur agroalimentaire, les exportations ont atteint environ 24,5 milliards de dollars en 2024, proches des niveaux d’avant-guerre, selon le ministère de la Politique agraire et de l’Alimentation d’Ukraine, chiffre relayé par le Kyiv Independent le 3 janvier 2025. Ce contexte peut nourrir une veille sérieuse sur les opportunités de sourcing, de transformation ou de partenariat.
Les risques doivent être pesés avec la même rigueur. La logistique reste dépendante de corridors sous tension, le cadre tarifaire s’est resserré avec le DCFTA révisé, et l’exigence de conformité bio 2025 relève le niveau de contrôle documentaire. Ces éléments appellent une approche prudente, appuyée sur des sources primaires actualisées.
Sur le plan de la sécurité, l’ensemble du territoire ukrainien est formellement déconseillé par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), et la loi n° 389-VIII du 12 mai 2015 sur le régime juridique de la loi martiale permet au commandement militaire, avec les administrations militaires, d’instaurer un couvre-feu dans l’ensemble du pays ou dans certaines localités, selon les modalités fixées par le Conseil des ministres (art. 8, §1, al. 5). La loi martiale, en vigueur depuis le 24 février 2022, a été prolongée de 90 jours à compter de 5 h 30 le 2 août 2026, soit jusqu’au 31 octobre 2026, par le décret n° 596/2026 du 13 juillet 2026, approuvé par la loi n° 4928-IX du 14 juillet 2026. Toute démarche relève donc de la préparation et de la veille à distance, non d’un déplacement.
Société à responsabilité limitée, entrepreneur individuel, bureau de représentation : la forme retenue commande la fiscalité, la comptabilité et les obligations qui suivent. Elle se choisit avant la première formalité.
Voir comment nous accompagnons une implantation en Ukraine
POUR ALLER PLUS LOIN
CULTURE PROFESSIONNELLE
Les codes culturels qui structurent le travail en Ukraine : communication, hiérarchie, feedback, rythme, confiance.
Explorer la culture →SIMULATEUR FINANCIER
Calculez votre salaire net en Ukraine à partir de votre salaire brut : impôt à la source et prélèvements applicables.
Simuler mon salaire →EXPAT UKRAINE est un cabinet de conseil en expatriation, spécialisé sur la destination Ukraine. Nous n'exerçons aucune activité réglementée. Nos prestations consistent à accompagner nos clients dans la définition et l'organisation de leur projet d'expatriation, hors démarches réglementées. Pour toute question juridique, fiscale ou patrimoniale, nous orientons vers les catégories de professionnels indépendants compétents (avocats, notaires, experts-comptables, conseils en gestion de patrimoine).